Passez donc me voir... Je partage ma bibliothèque virtuelle. Je vous réserve ainsi des surprises à découvrir régulièrement au fil du temps... Un regard nouveau par l'entremise de photos, de musiques, de poésies, de vidéos, d'astuces et de publications variées. Un rendez-vous avec une page différente au gré de mes découvertes ou créations. Un nouvel ami pas si virtuel que cela avec lequel vous aimerez partager un moment. Bonne découverte.

  

L'art du vitrail

Le vitrail est une composition décorative formée de pièces de verre. 
Celles-ci peuvent être blanches ou colorées et peuvent recevoir un décor. 
Vitrail de la cathédrale de Troyes - 2006-07 © Gilles Richer
 Depuis le début du Moyen Âge, 
ces pièces sont assemblées par des baguettes de plomb. 
Ce procédé, bien qu'aujourd'hui toujours dominant, n'est pas le seul en usage : 
d'autres techniques, telles que celles du ruban de cuivre,
de la dalle de verre enchâssée dans le béton ou le silicone,
de collages (avec des résines ou des polymères),
et du vitrail à verre libre, peuvent être utilisées ou combinées.
Un vitrail est appelé vitrerie lorsque son dessin est géométrique et répétitif 
La vitrerie est généralement claire et sans peinture.
Un vitrail et une vitrerie se réalisent suivant le même procédé en associant le plomb et le verre.
Vitrail église de Marcolès dans le Cantal
2000-07 © Gilles Richer
Vitrail église de Marcolès dans le Cantal
2000-07 © Gilles Richer
Vitrail église de Marcolès dans le Cantal
2000-07 © Gilles Richer
 Le verre utilisé est plan, d'une épaisseur variant entre 1,5 mm et 5 mm, 
et le plomb se présente sous forme de baguettes en forme de H couché. 
Les pièces de verre sont serties dans les plombs puis l'ensemble est maintenu définitivement 
grâce aux soudures réalisées à chaque intersection des plombs.
Vitrail de l'église de Murat dans le Cantal - 2000-07 © Gilles Richer
Le verre coloré a été produit depuis les époques les plus reculées. 
Tant les Égyptiens que les Romains ont excellé dans la fabrication de petits objets de verre coloré. 
Dans les premières églises chrétiennes du IVe et du Ve siècles, 
on peut encore observer de nombreuses ouvertures occultées 
par des motifs en très fines feuilles d'albâtre serties dans des cadres en bois, 
donnant un effet de vitrail primitif. 
Des effets semblables ont été atteints avec une plus grande sophistication 
par des créateurs musulmans en Asie Mineure en utilisant le verre coloré en lieu et place de la pierre.
Vitrail de l'église de Tournemire dans le Cantal - 2000-07 © Gilles Richer
Vitrail de l'église de Tournemire dans le Cantal - 2000-07 © Gilles Richer 
Vitrail de l'église de Tournemire dans le Cantal - 2000-07 © Gilles Richer
En tant que forme artistique, la technique du vitrail atteint sa plénitude au Moyen Âge. 
Durant les périodes romane et gothique primitif (950 à 1240), 
les ouvertures se développèrent exigeant de plus grandes surfaces vitrées. 
La stabilité était assurée par de robustes cadres de fer. 
Ces modèles sont encore visibles dans la cathédrale de Chartres 
et à l’extrémité orientale de la nef de la cathédrale de Canterbury.
Avec le développement ornemental de l’architecture gothique, 
les ouvertures devinrent de plus en plus grandes, améliorant l'éclairage des intérieurs. 
L'architecture gothique innova en introduisant un cloisonnement des fenêtres 
par des piliers verticaux et des motifs de pierre. 
La complexité de ces ouvertures atteignit son apogée dans les immenses baies du style flamboyant européen.
Intégrés à la tendance de l’élévation verticale des cathédrales et des églises paroissiales, 
les vitraux devinrent des créations de plus en plus audacieuses.
Vitrail de la Sainte Chapelle à Paris - 1999-09 © Gilles Richer
La forme circulaire, ou rosace développée en France, 
évolua à partir de percements relativement simples dans les parois de pierre
jusqu’aux immenses rosaces, comme celle du fronton ouest de la cathédrale de Chartres. 
Ces modèles atteignirent une énorme complexité, 
la dentelle de pierre étant ramifiée en centaines de différents points, 
comme dans la Sainte-Chapelle à Paris.
Vitrail de la Sainte Chapelle à Paris-03 - 1999-09 © Gilles Richer
Vitrail de la Sainte Chapelle à Paris-03 - 1999-09 © Gilles Richer
La technique du vitrail laisse peu de place à l’improvisation pendant la réalisation.
Le dessin, la couleur, la solidité et la pérennité du vitrail... 
mais surtout la qualité de la lumière qui pénètrera dans l'architecture doivent être définis en amont.
L'étape de la coloration détermine l’harmonie des différents verres colorés. 
On choisit les verres suivant les couleurs indiquées sur la maquette et en tenant compte de leur nature : antique, plaqué, imprimé... 
Les échantillons des verres sont comparés sur une verrière d'exposition 
pour observer le rapport des couleurs entre elles.
Les vitraux de la coupole du magasin "Le Printemps" à Paris (auteur inconnu) 
La maquette montre un aperçu détaillé d'un vitrail en le représentant à l'échelle 1/10.
La maquette comporte le tracé des plombs, la coloration des verres, 
la peinture éventuelle et le passage des armatures métalliques. 
Elle sert de point de départ pour l'élaboration d'un devis. 
La maquette met en valeur les proportions des pièces les unes par rapport aux autres 
et par rapport à la taille de la fenêtre (surtout dans le cas des vitreries).
La maquette sert de document de référence tout au long de la réalisation du vitrail.
Vitrail-St Jean de Cole - 2005-05 © Gilles RICHER
Après le tracé, le calque et le calibrage,
la coupe des pièces est très précise car chaque défaut peut modifier le résultat, 
soit dans les mesures, soit dans le motif.
Les calibres servent de guide pour chaque pièce et leur superposition avec les pièces doit être parfaite.
On utilise un diamant (naturel ou synthétique) ou un coupe-verre (roulette de vitrier).
D’une façon générale, l’action de la coupe se fait en deux temps :
une rayure puis un décrochage. 
Si la rayure est correctement effectuée, le verre « file » et le décrochage se fait rigoureusement à cet endroit
Dans tous les cas, plus le décrochage est tardif, moins il est facile car la coupe se referme ensuite peu à peu. Si la main ne peut décrocher les deux morceaux,
on utilise une pince à détacher positionnée perpendiculairement au trait de coupe.
Si les bords sont imparfaits après le décrochage, on les rectifie avec une pince à gruger.
Pour une meilleure finition, la pierre carborundum permet d'améliorer le bord des pièces.
Vitrail-St Jean de Cole - 2005-05 © Gilles RICHER
 Le sertissage regroupe l’ensemble des gestes pour assembler les verres et les plombs.
Le « chemin de plomb » détermine son organisation.
Il est étudié au préalable pour obtenir un réseau solide et logique lors du montage.
Au-delà de sa fonction mécanique, le chemin de plomb dessine le motif du vitrail ;
le sertissage doit donc respecter le dessin pour qu'il soit lisible.
Chaque plomb doit être légèrement aplati à son extrémité
afin de pouvoir pénétrer jusqu'au cœur d'un autre déjà installé.
Un plomb situé entre deux verres doit être immédiatement coupé et aplati
pour que le suivant puisse couvrir le montage effectué.
Un plomb n'est jamais coupé au milieu d'une pièce, le suivant vient toujours l'arrêter.
Avant d’être soudées, les ailes des plombs sont rabattues
à l’aide d’une spatule à rabattre pour consolider le panneau.
Lorsque tous les plombs sont assemblés,
le réseau est solidarisé en faisant fondre un peu d'étain sur chaque intersection.
L'étain est le métal utilisé pour le soudage car il fond à une très basse température (232°C).
On l'utilise sous forme de baguettes composées d'un mélange avec 40% de plomb.
De l’oléine ou de la stéarine est appliquée sur chaque intersection pour que la soudure adhère.
Le chevauchement des ailes des plombs est recouvert et dissimulé sous l'étain.
La soudure est légèrement bombée sans être trop grosse.
Sa forme est centrée sur l'intersection de façon symétrique sans être trop étalée
et l’ensemble formé est homogène.
La deuxième face du panneau est ensuite contresoudée à l’exception du plomb d’entourage qui ne l’est pas.
Vitrail-St Jean de Cole - 2005-05 © Gilles RICHER
L'opération de masticage assure l'étanchéité et consolide le vitrail. 
Elle reste controversée au sein des professionnels
car ses effets à long terme peuvent altérer la qualité des matériaux.
Lorsque les plombs sont soudés, le panneau n'est pas encore hermétique.
On comble les fins espaces entre les verres et les plombs à l'aide d'un mastic liquide.
Ceci nécessite un nettoyage intensif utilisant de la sciure et une brosse à chiendent.
Ce type de masticage est fortement déconseillé dans le cas d'un panneau ancien possédant des pièces peintes. On exerce alors un masticage « au doigt » à l'aide du même mastic (préparé plus ferme) ;
ce qui évite un contact sur la totalité des surfaces.
Le mastic est une composition à base d’huile de lin,
de blanc de Meudon (d'Espagne, de Troyes) et de siccatif (pour accélérer le séchage).
Vitrail village de Vieillevie dans le Cantal - 2000-07 © Gilles Richer

Les textes sont extrait de







La lumière de notre destin
 © Gilles Richer

Notre destin nous est toujours inconnu, 
Comme la lumière, insaisissable, 
Nous croyons, dans ses reflets de transparence, 
Pouvoir le tenir entre nos mains,
Mais à quoi bon vouloir le saisir ?

Vitrail Blanche-Neige-Domaine de Françon à Biarritz - 1998 © Gilles Richer
En apprendre au contraire son message, 
Entrevoir la beauté qu'il met en toute chose,
Accepter ses murs, bien dur, 
Et aussi la nuit qui viendra à coup sûr.

Vitrail Blanche-Neige-Domaine de Françon à Biarritz - 1998 © Gilles Richer
Ne pas s'écrouler dans l'obscurité 
Qu'il nous impose certains jours, 
Vivre ce partage, afin d'éclairer notre ciel 
Et de cette lumière, en d'innombrables scintillements, 
Se forger notre propre écrin.

Vitraux présentant l'ensemble des scènes de Blanche-Neige
Domaine de Françon à Biarritz - 1998 © Gilles Richer
L'étrange histoire de ces vitraux du domaine de Françon
dans le Pays Basque
Depuis 1948, personne ne savait ce qu' étaient devenus les vitraux du domaine de Françon. 
Le verre dépoli qui les remplaçait jurait avec le riche décor de l'entrée. 
Jusqu'au jour de juillet 1985, où, au hasard d'une conversation, 
un inconnu se souvint avoir vu, dans la cave de l'ancienne mairie, la villa Javalquinto, 
quelque chose qui ressemblait à des vitraux. 
On découvrit alors, enveloppés dans d'épais-ses couvertures de laine, 
les fameuses merveilles qui reprirent en grande pompe leur place dans le coin de lecture du domaine, 
le 8 Octobre 1985.
Il y eut certainement un ange protecteur, car, un mois après leur transfert à Françon, 
une nouvelle bombe terroriste détruisait presque entièrement la villa Javalquinto.

C'est fini pour aujourd'hui.
Demain est un autre jour...

Mais en attendant le prochain article,
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A bientôt.


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